Quelles clés pour sortir des liens d’attachement déséquilibrés avec votre enfant?

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 Quelles clés pour sortir des liens d’attachement déséquilibrés avec votre enfant?

 

 

 

Malgré tout notre amour de parent, tant qu’on n’a pas été observer en soi les blessures émotionnelles qui nous encombrent, on répète toujours des attitudes ou des comportements déséquilibrés de manière inconsciente auprès de son enfant.

 

I/ Savez-vous reconnaitre quels liens d’attachement vous entretenez avec votre enfant?

Un parent me livrait récemment le lien fusionnel qu’il entretenait avec sa maman. Il s’est rendu compte qu’il ressentait une grosse blessure d’abandon vis-à-vis d’elle et, en se projetant à sa place, il a pris conscience qu’elle aussi avait cette même blessure d’abandon.
Leurs relations étaient donc fusionnelles et créaient non seulement de la dépendance affective déséquilibrée l’un envers l’autre mais aussi une incapacité pour cette personne à se projeter dans des projets de vie enthousiasmants, que ce soit avec ses enfants, ou dans sa vie de couple. Il se sentait bridé, bloqué par ce lien « empêchant ».

Allez observer puis se libérer de ses propres blessures s’avèrent donc un passage essentiel pour pouvoir vivre des relations harmonieuses avec son enfant.

Cependant, pour vous aider à y voir plus clair dans ce que vous vivez, pour mettre du sens dans vos liens, vous pouvez vous appuyer par exemple sur le fameux « triangle dramatique » mis au point par Karpman.
Il définit ainsi 3 « types » de relation : la victime, le bourreau, le sauveur. 
Dans notre vie, nous pouvons être tour à tour, l’un ou l’autre… et même au cours d’une simple journée!

Pour faire simple, le « bourreau » va chercher à écraser l’autre, à ne pas écouter ses ressentis, il donne souvent des ordres et peut même inconsciemment humilier l’autre. Un parent ne cherchera évidemment jamais à agir ainsi consciemment face à son enfant, mais il y a des attitudes à observer, des mots à s’écouter dire, des schémas comportementaux répétitifs nuisibles qui sont tellement rentrés dans un mode de fonctionnement au quotidien que souvent, on n’en a pas conscience du tout.

Le profil du « sauveur », ce peut être un parent qui aide et assiste constamment son enfant, l’empêchant ainsi de passer de lui-même à l’action, de se construire psychiquement et de s’ouvrir véritablement à la vie. Les enfants sont eux aussi concernés par cette manière d’être. Ils iront dans ce cas-là jusqu’à se nier eux-même pour « faire plaisir », pour aider, pour soutenir son parent comme une personne adulte!

La « victime » quant à elle, aime se plaindre et se faire plaindre. Elle se positionne toujours comme inférieure et recherche toujours un sauveur ou un bourreau pour la conforter dans son attitude.


II/ Comment observer cela auprès de son enfant?

Vous pouvez dans un premier temps observer un peu plus attentivement vos paroles quand vous êtes auprès de votre enfant et observer sa réaction :

  • A travers ses paroles, se ferme-t-il à la discussion? Réagit-il de manière renfrognée, négative, agacée? Cherche-t-il à changer de sujet, à discuter subitement avec qqn d’autre?
  • Observez également son attitude corporelle : est-ce que son corps se recroqueville et cherche à se faire tout petit? Se détourne-t-il de vous, de votre champ de communication, ou bien s’éloigne-t-il complètement en sortant de la pièce dans laquelle vous êtes? 
  • A travers ses actes : en réponse à vos mots, se met-il à jouer à qqch en coupant cours à la conversation? Se met-il à soudainement être agressif envers son petit frère ou sa grande soeur? Devient-il excité en bougeant dans tous les sens…

L’observation en conscience est évidemment la première des solutions pour vous aider à comprendre ce qui se passe dans le lien avec votre enfant.

Vous pouvez aussi être attentif à vos propres paroles, vos propres actes et vous demander si ce que vous êtes en train de dire vous aurait fait plaisir à vous en tant qu’enfant?
Autrement dit, pour vous aider à y voir plus clair, n’hésitez pas à adopter ce mécanisme d’inversement des rôles. Vous devenez votre propre enfant, vous vous mettez à sa place, vous adoptez son champ de vision, son champ de ressenti, vous vous visualisez au même âge que lui.

C’est une clé toute simple mais croyez moi, quand on prend l’habitude de fonctionner ainsi, on comprend bien vite où sont les mots et les attitudes qui peuvent blesser.

Je vous engage également à poser tout simplement la question à votre enfant! N’hésitez pas à lui demander en toute sincérité et sans retenue comment il se sent après une conversation peut-être houleuse que vous venez d’avoir ensemble par exemple. Il ne vous en sera que plus reconnaissant! De plus, vous lui indiquez par là également que vous êtes son parent certes, mais que vous n’avez pas la science infuse, qu’un papa ou une maman, ça peut se tromper et….que c’est bien comme ça aussi! Qu’on peut apprendre tous ensemble et essayer de s’améliorer ensemble, en prêtant attention à ses paroles, à ses gestes, etc.

Pour terminer, ce qui peut être aidant également, c’est de regarder comment se passaient les relations avec vos propres parents également. Qu’est-ce qui vous dérangeait chez eux? Quels mots étaient blessants? Quels comportements adoptaient-ils systématiquement qui vous mettaient en colère ou que vous trouviez injuste? etc


III/ Les 4 outils en OR pour transformer la relation avec son enfant !!

Cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique mais si vous décidez d’y apporter de la conscience et toute votre lumière d’amour, vous verrez que la transformation peut se faire très vite : l’état émotionnel de l’un et de l’autre peut changer rapidement et à l’unisson.

Voici des outils incontournables pour sortir de ces rôles que vous avez pu observer en vous ou chez votre enfant. Je le répète cependant à chaque fois, il n’y a pas de parent parfait, il y a simplement des parents apprenants sur la longue route de la relation d’amour à votre enfant! 

Observez tout cela sans auto-jugement ou critique et sans vous culpabiliser, vous ne feriez qu’entretenir ce fameux triangle de Karpman!! ;)

- La bienveillance est évidemment le maître mot de toute forme de communication avec son enfant. Vous le savez bien sûr. Veillez à être dans le « bon », le « bien », c’est surveiller ses paroles, et ses actes. Je rajouterai même ses pensées! Car si vous donnez une information positive à votre enfant et que vous pensez l’inverse - Du type « je suis contente quand tu arrives à te débrouiller par toi-même comme ça! » et que vous pensez « Fais attention, tu risques de te faire mal et de casser encore qqch! »,  il est évident que votre enfant va le sentir, voire même le conscientiser et rien ne changera dans la qualité de votre relation! 

- Dans la bienveillance, la communication non violente est également de mise. Privilégiez de partir d’abord de ce que vous ressentez face à une situation en disant JE. N’attaquez jamais une discussion avec un TU accusateur, qui inhiberait immédiatement la fluidité de votre échange. Centrez-vous sur vous, votre ressenti, vos doutes, vos craintes mais ne pointez pas du doigt ce que votre enfant a fait ou dit.
Quand on se sent en tord, quel adulte et plus encore, quel enfant pourrait accueillir sans réaction des mots accusateurs et en plus, rester zen, attentif et souriant? Moi je n’en connais pas! ;) Je vous invite à réellement prendre conscience de cela afin de ne pas tomber dans le parent « bourreau »!

Dites plutôt : « J’ai été vraiment en colère quand tu as cassé le verre sur la table, je ne m’y attendais pas et ça me stresse quand ce genre de choses se produit! » Le message qu’entend votre enfant, c’est «  ah maman n’est pas contente à cause du verre cassé mais pas à cause de moi! »

- Etre dans la Présence : c’est à dire, être dans la conscience que beaucoup d’informations passent entre soi et son enfant consciemment et inconsciemment et que si on n’est pas suffisamment attentif à l’échange que l’on a avec lui, cela peut vite mal tourné parfois. Etre dans la présence, c’est aller observer ce qui se passe, ce qui se joue à ce moment-là avec lui.
Choisissez des moments où tout est relativement calme et disponible en vous, où votre coeur est ouvert et votre mental détendu. On intègre beaucoup plus vite dans ces moments-là!

- Privilégiez également la non-attente : ne souhaitez pas ardemment que les choses changent, que votre enfant apprenne plus vite, qu’il change plus vite d’attitude. Dans la non-attente, il y a un espace de croissance plus libre, plus détendu pour votre enfant. Il se sent accepté comme il est, il n’est pas stressé ou pressé par l’attente non verbalisée de ses parents mais qu’il sent malgré tout. Il évolue à son rythme, avec sa singularité, ses compétences et ses difficultés.

Pour terminer, ces 4 outils en OR peuvent être des compagnons de route précieux pour tranformer la relation avec votre enfant, à condition de vous accorder un espace de calme et d’écoute en vous le plus souvent possible.

Apprenez à soigner le lien avec votre enfant en vous accordant un peu de temps chaque jour… et sans culpabiliser!

Alors belle détente et belle expérience à toutes et tous!

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